PHARAON + VERSEAU | Textes poétiques

Pharaon - Les Mondes de Carole-Anne

Je te racontais récemment l’amour malheureux que j’ai vécu à mon adolescence. J’étais en seconde, j’aimais Xavier qui ne m’aimait pas. Cette douloureuse péripétie eut au moins le mérite de m’amener à l’écriture poétique.

Un jour que j’étais à la cantine du lycée, je vis paraître devant mes yeux un jeune homme dont la beauté me foudroya sur place. Recherches faites, j’appris qu’il était également en seconde – mais pas dans ma classe, tu l’auras compris – et qu’il s’appelait Bertrand W. Ce « coup foudré » tombait fort bien dans ma vie. Je décidai de faire de ce Bertrand mon « dérivatif » pour oublier Xavier. Cela marcha plutôt bien. Je finis par penser davantage à Bertrand qu’à Xavier.

Cependant j’avais 16 ans, j’étais timide, complexée par mes kilos en trop. Jamais je n’ai osé aller aborder ce garçon beau comme un dieu – ou comme un pharaon ! Dommage…

Toujours est-il que c’est en pensant à lui que j’écrivis les deux textes que voici…

PHARAON

À ses pieds de monarque, je me tiens renversée
Ses yeux noircis d’ébène sont pour moi deux clartés
Beaux yeux de pharaon, pareils à ceux d’un chat
Soumettant ma raison, ordonnant à mes doigts
Deux phares d’Alexandrie qui gouvernent les mers
Et m’attirent vers lui, aux portes des Enfers

Depuis sa gorge nue voilà les mots qu’il sème
Au creux de mon oreille : « Viens, moi non plus je t’aime »
Tout s’égare en mon âme déjà dépossédée
Chavirent sans remords mes yeux écarquillés
C’est mon corps chancelant qui cède à la folie
« Va-t-en loin » et je pars, « Souviens-toi » et j’oublie

Alors dans une mer de miel empoisonné
Accrochée aux étoiles filantes déchirées
Mes cheveux tissés d’or sont mon unique armure
Et je prie sans espoir pour que tout cela dure
Puisque même au fin fond des derniers lieux du monde
C’est lui que je verrai prêt à défier les ombres

Buste d’or et de bronze, poing de fer, œil avide
Pétrifiant d’idéal les mâchoires du vide
Je l’aime et le maudis mais me damnerais bien
Pourvu, Vénus, qu’il daigne m’accueillir sur son sein…

VERSEAU

L’homme que j’aime
Est le joyau
D’une constellation
Dont artiste verseau
Il a fait sa nation

C’est arrivé un soir :
Pour lui plaire une étoile
Des nues dégringolant
Lui offrit un pétale
De rose, il va de soi
Un prisme de rubis

L’étoile repartit
Mais le rubis resta
Et orne désormais
La main gantée de soie
De celui qui devint
Du firmament le roi…

Je t’embrasse.

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