ATTENTAT À LA PUDEUR

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Bon alors, je sais qu’il n’est pas forcément de bon ton de parler de sexualité, surtout si c’est de la sienne propre. Cela peut facilement heurter les esprits trop prudes ou trop sensibles. Moi-même, je suis peu amatrice des mémoires sexuelles de Catherine M. ou des étalages de plus ou moins bon goût de femmes ou d’hommes très réchauffés du slip.

Mais, et c’est un très grand mais, lorsque j’ai la joie et le bonheur, dans ma vie de femme, d’expérimenter une séance de sexe d’une telle intensité, je ne peux pas ne pas avoir envie de prendre ma plume et de m’adonner à l’expressionnisme le plus franc et le plus reconnaissant qui soit. On parle bien, sur Facebook ou Twitter, d’un bon repas qu’on a fait, d’un bon film qu’on a vu, d’un bon moment qu’on a passé. Pourquoi devenir taiseux parce qu’on aborde les rivages génitaux ?

Mon homme vient de me faire l’amour, c’est tout dire et c’est ne rien dire car je manque de mots pour évoquer le degré de fusion, de bestialité, de frénésie, de poésie dans la crudité, qui nous a saisis. Guidée et gouvernée la majorité du temps par ma petite tête bien remplie, il est rare que je laisse mon corps, ma chair, prendre les commandes. Aussi, lorsque soudain mon animalité, jumelle de celle de mon amant, s’éveille, elle n’en est que plus brutale, plus exigeante, plus absolue.

A nous voir souvent sages, jouant le jeu du couple ordinaire, tranquillement heureux, rien ne peut laisser supposer que nous devenons de telles bêtes que n’arrête aucun tabou, que ne stoppe aucune limite, que n’intimide aucune hardiesse. Il y a, dans cet emboîtement de nos corps, quelque chose de tellement archaïque, de tellement débridé que je me crois soudain dépossédée de moi-même, envahie par une force de rut primale, totalement incontrôlable. Je ne suis plus alors que captation d’images, de goûts, d’odeurs, de textures, j’ingère, je dévore, je me repais. C’est violent, c’est cosmique, et ça me laisse la chair épuisée par le plaisir qui s’est déversé en elle.

Échoués sur le drap, nous reprenons notre souffle, l’esprit encore vague et incohérent. Peu à peu notre « civilisation » nous revient, nous redevenons des organismes mus par autre chose que par le sexe.

Un jour, très bientôt, il va vraiment falloir que j’écrive là-dessus, comme ces milliers d’autres avant moi, écrire sur cette magie qui transforme un acte de frottement génital convulsif en une transcendance tellement cannibale qu’elle en devient spirituelle voire mystique. En faire le point central de l’histoire. Hum, ça me tente bien…

Bon sang, que c’est bon de baiser ! Et quelle consolation après cette éprouvante semaine marquée par les attentats de Paris… C’est peut-être ça la seule vraie solution à tout, pour lutter contre la haine, les bombes, les cons, les guerres, et même la mort : rentrer chez soi et s’envoyer en l’air. Aussi simpliste cela paraisse-t-il, ça n’en est pas moins efficace…

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