Ô RAGE, Ô DÉSESPOIR !

Comme tu le sais sûrement, Marilyn Monroe trône au panthéon de mes stars préférées, juste derrière Brigitte Bardot.

Il y a quelques jours, une amie qui me sait justement fan de MM m’a rappelé que sortait cette semaine sur Netflix le film Blonde, librement inspiré de la vie de la star planétaire.

Je me suis donc précipitée.

Oh ! misère !
Oh ! catastrophe !
Oh ! outrage phénoménal et impardonnable !
Mais mon dieu, quelle bassesse que ce film !

Les scènes sont d’une langueur et d’une longueur à faire passer du Rohmer pour du cinéma d’action survitaminé. Et si encore ce n’était qu’ennuyeux ! Mais c’est bien pire. C’est sale, c’est abject, c’est voyeuriste, c’est sadique. C’est à la limite du monstrueux, et c’est d’ailleurs ce qui a fait que j’ai dû déclarer forfait en cours de route, à la fois indignée et atterrée par tant de laideur. Et je ne parle pas ici de laideur visuelle (le film est plutôt chiadé en terme d’image et de lumière) mais bien de laideur morale, intellectuelle, artistique, humaine. Sans oublier tous les anachronismes, erreurs, mensonges et autres approximations grotesques dont ce film est truffé.

Marilyn n’est dépeinte que comme une poupée sexuelle totalement passive, déglinguée, noyée de larmes et maltraitée par tous, perdue dans les méandres de sa folie héritée, incapable d’un acte pensé et vigoureux. Quelle vision misogyne ! Et combien Marilyn aurait été horrifiée de se voir décrite de la sorte, elle qui n’a cessé de se battre pour être respectée en tant qu’artiste et en tant que femme pensante, agissante, maîtresse de son destin.

C’est attraper le mythe Monroe par le tout petit bout de la lorgnette, par le fond des chiottes ; c’est explorer seulement les poubelles d’une femme qui avait, c’est entendu, des zones d’ombre denses et des instants de vie moins reluisants que d’autres, mais qui ne serait pas devenue, à force d’ambition et de lutte, la star mondiale – encore aujourd’hui adulée – qu’elle devint si elle n’avait été que cette marionnette bringuebalée, torturée et peroxydée.

Je n’ai pas lu le roman Blonde, de Joyce Carol Oates, dont ce long-métrage est l’adaptation, et je dois dire que ça ne m’en donne pas l’envie.

Saluons quand même, par souci de justice, la prestation de la pauvre Ana de Armas, qui, dans cette débâcle dégradante, fait ce qu’elle peut (elle accomplit notamment un remarquable travail autour des postures et de la voix de Monroe) ; malheureusement, en dépit de ses efforts, elle ne retransmet en rien l’essence de Marilyn (contrairement à Michelle Williams ou Catherine Hicks, qui ont toutes deux interprété la si célèbre actrice et avaient bien retranscrit son mélange de force et de fragilité).

Bref, pour toutes ces raisons, si comme moi tu aimes Marilyn, fuis à toutes jambes Blonde. Et à la place, revois plutôt Certains l’aiment chaud, Bus stop ou Les hommes préfèrent les blondes

Je t’embrasse.

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