A NOVEL IS BORN !

Illustr pour articles (rectangles)

Samedi dernier, j’ai écrit le point final de mon premier roman. Champagne ! Et vraiment oui, champagne ! – et même feux d’artifice ! – car c’est un événement d’envergure dans ma vie d’auteur. Jusqu’ici, ma plume a eu l’occasion de produire 33 nouvelles, 16 contes, 59 textes poétiques, 4 scenarii, 1 méthode de développement personnel, 1 essai sur le poids, 1 saga en co-écriture pour l’Enfance, 2 tarots, une centaine d’articles et aussi deux romans courts (c’est-à-dire de moins de 80 pages). Mais c’est la première fois qu’elle s’attelait à la grande aventure du vrai roman : celui dont la rédaction occupe tes journées et te fait cohabiter avec tes personnages pendant plusieurs mois…

Cette grande aventure, je viens donc de la vivre. Commencée en octobre dernier, l’écriture de ce livre a habité mon esprit et mes heures durant six mois. L’ouvrage paraîtra en octobre 2017 aux éditions Eyrolles. Il sera disponible dans toutes les Fnac et librairies, ainsi que sur Amazon. Il est encore un peu trop tôt pour que je puisse te dévoiler le pitch détaillé de mon roman. Mais ce que je puis te dire, c’est qu’il raconte l’étonnante façon dont une jeune femme reprend sa vie en main et apprend à réaliser ses rêves les plus fous…

À l’issue de ces six mois passés en tête à tête avec mon intrigue et mes personnages, j’ai trois sentiments mêlés.

D’abord de la satisfaction, bien évidemment. Je le dis en toute vanité : je suis fière de moi. Fière de mon imagination et de ma discipline, qui m’ont permis de tenir le rythme de « productivité » littéraire que je m’étais fixé. Au-delà de cela, mon contentement est aussi d’un ordre plus symbolique. Dans ce roman, j’ai mis tout ce en quoi je crois.  Il est un condensé des quêtes, valeurs et savoirs qui ont du sens à mes yeux. Et c’est donc une grande joie que de pouvoir, à travers cet ouvrage, les exprimer et les transmettre.

Je ressens aussi une drôle de mélancolie, comme un genre de baby blues. J’ai vécu en vase clos avec mes personnages pendant six mois. Je les ai regardés vivre, parler, évoluer, aimer. J’ai tout su de leur identité et de leur parcours. J’ai connu leurs moindres pensées. Je vais devoir apprendre à me déshabituer de leur présence. Ils vont me manquer. Je m’étais attachée à eux. Je n’aurai plus à leur inventer un nouveau chapitre de vie par semaine. Cette idée me fait comme un grand vide. Oh bien sûr, leur absence sera comblée par d’autres projets ; j’ai de nombreux pains sur la planche qui, dans les mois qui viennent, m’empêcheront de m’ennuyer. Mais quand même. Ils vont me manquer mes petits compagnons quotidiens de papier et d’encre…

Je ressens enfin une grande excitation. La phase de l’écriture solitaire est terminée. Une autre va commencer. Celle qui va permettre à mon manuscrit Word de devenir un livre. De nombreuses personnes vont rentrer dans la boucle : éditrices, correctrice, maquettiste, graphiste, imprimeur, commerciaux, attachés de presse… Mon texte va se mettre en page, s’imprimer, s’orner de couverture et quatrième de couverture… Bref, il va se préparer, revêtir ses plus beaux atours afin de parvenir sous son meilleur jour, en octobre prochain, jusqu’à toi, lecteur. Je suis saisie d’une grande fébrilité à cette idée…

J’ai l’impression d’avoir accouché. Plus que jamais, la comparaison entre œuvre et progéniture m’apparaît pertinente.  Je viens de donner naissance à un bébé de papier. Il est là, bien vivant, tout juste jailli de mes entrailles – ou, plus exactement, tout juste né du mariage de mon inspiration et de ma plume. Je vais maintenant, aidée par quelques autres, l’éduquer, le polir, l’accompagner jusqu’à ce qu’il soit autonome. Le moment venu, lorsqu’il sera tout à fait prêt,  il pourra quitter la maison qui l’a vu naître, prendre son envol, aller se confronter au vaste monde, et vivre son destin indépendant. Comme tout parent, je souhaite que cet « enfant » qui est mien ait l’avenir le plus radieux qui soit, qu’il vole le plus haut possible. Mais aussi qu’il porte mes gènes et prolonge un peu ce que je suis…

Tout récemment, je regardais une interview de Niki de Saint Phalle. Elle y expliquait que sa fonction d’artiste venait de son intense besoin de créer. « Si je n’avais pas été artiste, je n’aurais pas cessé de mettre des enfants au monde. J’aurais été enceinte tous les neuf mois. Il aurait au moins fallu cela pour assouvir mon obsession de création » disait-elle en substance. Je partage son point de vue. Et je me pose souvent la question de savoir si je suis artiste parce que je n’ai pas été mère, ou si je n’ai pas été mère parce que je suis artiste. Plus les années passent, plus il me semble que la seconde hypothèse est la bonne. M’accomplir et créer sont pour moi des besoins trop vitaux. La maternité, je crois, n’aurait pas pu me suffire, je n’aurais pas su m’y consacrer correctement, en me mettant assez entre parenthèses pour ça.

En outre, nécessité biologique, il faut la rencontre de deux ADN, le mélange de deux êtres pour en donner un troisième. Une femme, si elle peut élever un enfant seule, ne peut pas tomber enceinte de son propre chef, en vertu de sa seule décision de procréer. Il faut l’intervention, dans son corps, des cellules d’un autre organisme. Un enfant, cela se fait à deux : il est obligatoire de partager cette création. Partageuse, je ne le suis guère. Et c’est là tout l’avantage d’être « mère » de livres – ou de chats 😉 ! Je peux en être la seule parente, je peux les avoir rien qu’à moi. Et ils ne m’obligent pas à un lien à vie avec un homme (ce dont ma soif de liberté se réjouit).

Mais tout ceci étant dit, crois bien que je respecte l’acte d’enfantement. C’est même celui que j’admire le plus au monde. Car, qu’il produise un être de chair ou une œuvre artistique, c’est ce seul acte qui nous donne le sentiment d’assurer notre continuité, de transmettre ce que nous fûmes. Nos créations sont notre héritage. Dream, Create, Inspire. Rêver, créer, inspirer (les autres). Je ne connais pas, au fond, de meilleur sens à donner à sa vie.

Et c’est bien pour cela que ce premier roman a tant d’importance pour moi.

Dis, tu le liras quand il sortira ?

Je t’embrasse.

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