L’ÉCRIVAIN ET SON CHAT

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Tandis qu’au-dehors il fait froid et que la nuit commence à tomber, moi je suis douillettement installée à ma table de travail et j’écris, ma chatte Câline lovée sur mes genoux. Elle dort comme un ange. Le son de mes doigts qui courent sur le clavier ne la dérange pas. C’est un bruit dont elle a l’habitude et qui ne l’empêche de sommeiller…

La plupart de mes journées se passent ainsi. Je me lève vers 8 heures et me mets au travail presque aussitôt. Hormis la petite heure de gym du matin, et la demi-heure à midi du déjeuner, je reste postée derrière mon ordinateur  et j’écris, pour l’un ou l’autre de mes projets. Je ne quitte ma table de travail que vers 19h30 pour aller dîner et passer ensuite une soirée de détente.

Câline est là qui m’accompagne durant ces heures de calme et de concentration. Ces moments quotidiens que nous partageons, où nous sommes comme coupées du monde elle et moi, sont des sources de bonheur et d’enracinement. J’adore former avec elle cette image, à la fois très cliché et très mythique, de l’écrivain au travail sur qui veille un chat zélé 🙂 .

Pouvoir rester à la maison chaque jour, je crois que c’était mon envie depuis que je suis petite. J’aime ne pas avoir à sortir de chez moi, ne pas avoir à aller dans le froid, ne pas avoir à quitter mon cocon sécurisant. J’aime n’avoir comme trajet à effectuer pour me rendre à mon bureau que la traversée du salon. J’aime pouvoir rester en tenue de brouillon, chaude et confortable, tout le jour durant, et structurer la journée en organisant mon travail exactement comme je l’entends. C’est comme ça que je suis efficace.

Ma grand-mère, elle, estimait qu’il ne faut pas se tenir éloigné de la rue trop longtemps, qu’il faut toujours rester au contact de la vie sociale. Ma façon de vivre l’aurait, je pense, grandement horrifiée. Mais moi, cette autarcie quotidienne ne me pèse pas. Bien sûr, j’ai plaisir à rencontrer mes partenaires professionnels fréquemment, à retrouver mon chéri, ma famille, mes amis. Mais j’ai surtout plaisir à ces heures que je passe avec moi-même, avec ma plume, et avec mon chat.

Et les instants les plus beaux sont ceux où Câline décide de venir dormir sur moi lorsque j’écris. Elle a plusieurs endroits de pelotonnement dans la maison, va de l’un à l’autre, au gré de ses envies. Mais il vient toujours un moment où elle grimpe sur mon bureau, s’approche doucement, puis finit, patte après patte, par s’installer sur mes cuisses où elle s’endort rapidement.

Au bout d’un temps plus ou moins long, mes jambes s’engourdissent. Ou j’ai faim. Ou soif. Ou envie d’aller faire pipi. Mais pour rien au monde je ne délogerais Câline de sa couche molletonnée. Le bien-être de mon chat est prioritaire.  Elle me témoigne une telle confiance en venant ainsi sur moi. Mes  besoins organiques sont peu de chose comparés à son dodo sacré 🙂 .

À ce moment précis où j’écris ce soir, Câline est sur moi depuis plus d’une heure. Il est 17h57. Je ne sens plus mes pieds :-). Alors, j’essaye de bouger légèrement mes jambes, pour refaire circuler le sang. Cela suffit à réveiller ma Beauté. La voici qui quitte aussitôt mes cuisses et remonte sur mon bureau. Elle passe allègrement sur mon clavier, tape « bd(’36p^m _ç,,;kkkkkkkk, » avec ses pattes, puis saute au sol et file à la cuisine manger des croquettes. Une fois nourrie, elle reviendra certainement me voir, et je l’accueillerai à nouveau avec joie -mes jambes auront eu, d’ici là, le temps de se désankyloser 🙂 …

Je comprends que le chat soit le compagnon attitré de ceux qui écrivent. Indépendant, gracieux, élégant, inspirant. Il n’est pas bruyant ni turbulent comme un chien. Sa présence, calme et apaisante, est une aide précieuse. Quand je regarde Câline qui dort ou qui fait sa toilette, mes pensées se tranquillisent, se font rivière paisible plutôt que flots tumultueux.

Et chaque journée que je passe auprès d’elle, chaque journée que je consacre à l’écriture en l’ayant à mes côtés, me confirme que je suis à ma bonne place, en train de faire ce pour quoi je suis faite, de la façon la plus nourrissante qui soit pour moi.

Et toi, elles sont comment tes journées ?

Je t’embrasse.

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