EFFACER OU GARDER L’ÉPISODE DU COVID-19 ?

MIB

RĂ©cemment, j’ai vu passer cette image amusante sur les RS. Qui m’a effectivement amenĂ©e Ă  me poser cette question complĂštement existentielle : aurais-je potentiellement envie qu’un Will Smith/man in black, avec son flashouilleur magique, ĂŽte de ma mĂ©moire toute trace de cette Ă©popĂ©e Covid-19 que nous vivons depuis janvier ? Et mĂȘme, en allant plus loin, aurais-je envie, si j’en avais les moyens, de rayer de l’histoire l’annĂ©e 2020, le Coronavirus, le confinement, le dĂ©confinement, l’affaire des masques et tout le toutim ?

Eh bien, la réponse est non.

Et pourtant, Dieu sait que j’ai vu approcher le Covid avec bien de la peur, et qu’au dĂ©but de la pandĂ©mie j’Ă©tais terrorisĂ©e et sidĂ©rĂ©e. Et loin de moi aussi l’idĂ©e d’occulter tous les drames Ă©pouvantables que ce virus a provoquĂ©s (et va continuer de provoquer) : contaminations, dĂ©cĂšs, chĂŽmages, faillites, situations intenables… Je ne veux en rien minimiser les ravages du C19, ni le regarder avec des yeux de princesse Disney tout aveuglĂ©s de paillettes et de petits oiseaux chanteurs.

NĂ©anmoins, pour rien au monde je ne voudrais revenir en arriĂšre ou effacer les Ă©vĂ©nements de cette drĂŽle d’annĂ©e 2020. Car je crois qu’ils sont essentiels, pour ne pas dire nĂ©cessaires.

À un niveau tout individuel, j’ai vĂ©cu depuis deux mois une transformation radicale. Je me suis dĂ©couvert des ressources que je ne pensais pas avoir. J’ai appris Ă  affronter mes peurs les plus viscĂ©rales (la maladie, la mort, le manque, la banqueroute). J’ai compris qu’il faut laisser partir ce qui doit partir pour que puisse venir ce qui doit venir. J’ai créé des liens encore plus forts avec des ĂȘtres dĂ©jĂ  chers. J’ai Ă©loignĂ© les relations qui, en vrai, n’Ă©taient qu’accessoires. J’ai dĂ©veloppĂ© des Ă©changes merveilleux avec mes communautĂ©s Fb et Ig au travers de mes tirages quotidiens. J’ai eu de nouvelles idĂ©es de livres et de jeux, et j’ai entamĂ© de trĂšs beaux projets. J’ai vĂ©cu ce moment comme un temps de recueillement, de reset personnel, de remise au net de ce dont je veux que ma vie soit constituĂ©e. (Et je me suis aperçu, grĂące Ă  cela, que ma vie telle qu’elle est me plaĂźt infiniment : le patient labeur paie et je peux savourer les fruits de tout ce que j’ai construit, Ă  la force de mes bras, depuis des annĂ©es.)

Et au niveau collectif, j’ai aussi l’impression que nous pouvons poser le mĂȘme constat. Encore une fois, mon cƓur saigne pour ceux qui se battent sans moyens (le personnel soignant !), ceux qui ont perdu un ĂȘtre cher ou ceux qui luttent pour survivre Ă©conomiquement. Pourtant, cela n’empĂȘche pas l’initiation : car si le bonheur nous nourrit, c’est l’Ă©preuve qui nous fait grandir. Et je ressens quand mĂȘme, Ă  grande Ă©chelle, comme une forme d’Ă©veil, de renaissance. Oh, je ne prĂ©tends pas que nous avons TOUS Ă©tĂ© touchĂ©s par la grĂące et que nous sommes tous en Ă©tat d’illumination cosmique prĂȘts Ă  changer le systĂšme (j’ai bien vu hier sur le Net les files d’attente devant Zara 🙂 !). Non, je crois que c’est plus subtil, plus sporadique aussi. Mais une Ă©tincelle a jailli, en dĂ©pit des magouilles politiciennes, et quoi qu’en disent les pessimistes. Quelque chose chose s’est passĂ© qui va nous laisser marquĂ©s, altĂ©rĂ©s.

Suis-je en train de te dire que le monde d’aprĂšs va ĂȘtre rieur, enchantĂ©, sucrĂ© comme un Martine fĂȘte NoĂ«l et que nous allons tous faire la teuf en mode New age/power of love/happy flower ? Non. Suis-je en train de te dire que ça va ĂȘtre l’apocalypse, Big Brother et le IIIe Reich rĂ©unis ? Non plus. Le monde d’aprĂšs sera ce que nous en ferons. Individuellement et collectivement.

Tout va-t-il repartir comme avant ? Mieux qu’avant ? Pire qu’avant ? Un peu des trois sans doute. Et tout va aussi dĂ©pendre de ton regard, de ta posture. Vas-tu, toi, dĂ©cider de regarder ce qui continuera inchangĂ©, ce qui s’amĂ©liorera ou ce qui empirera ? Et comment toi, pour toi, vas-tu le crĂ©er ce monde d’aprĂšs ? Comment vas-tu incarner le miracle que tu attends dans le monde (comme disait Gandhi) ?

Je t’embrasse.

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