LE JOUR DU GRAND PARDON

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C’était aujourd’hui le Yom Kippour, la fête juive annuelle du grand Pardon. Au cours de cette journée particulière, il est demandé aux juifs pratiquants :

  • De se rendre à la synagogue,
  • De ne pas boire ni manger,
  • De ne pas se laver,
  • De ne pas frictionner son corps ou l’enduire de cosmétiques,
  • De ne pas porter d’or ni de chaussures en cuir,
  • De ne pas avoir de relations sexuelles,
  • De ne pas travailler ni d’allumer de feu,
  • Et surtout, de demander pardon pour les offenses commises.

Cette année, pour la première fois de ma vie, j’ai fait le Yom Kippour. Mais avant de te raconter cela plus en détails, il me faut te préciser certaines choses.

Je suis née d’un père juif et d’une mère catholique. Tous deux plutôt croyants mais relativement peu pratiquants. Je n’ai pas été baptisée et n’ai pas fait non plus de Bat Mitzvah, mes parents ne voulant pas m’imposer l’une ou l’autre religion. J’ai cependant grandi dans le respect des fêtes de ces deux cultes : Noël, Pâques, Pessah, Hanouka…

Devenue adulte, j’ai eu du mal à me trouver une appartenance spirituelle, les catholiques ne me considérant pas comme catholique et les juifs ne me considérant pas comme juive. J’ai alors décidé de me « débrouiller toute seule », en écoutant mes besoins spirituels qui, selon les fois, m’emmenaient dans une église ou dans une synagogue (voire dans une mosquée ou un temple bouddhiste).

En ce mois d’octobre 2016, j’ai ressenti le besoin de faire le Yom Kippour. Mais de le faire à ma façon puisque je n’ai pas forcément légitimité à le faire traditionnellement. Je me suis donc imposé les règles suivantes pendant 24 heures :

  • Ne pas boire ni manger,
  • Ne pas me laver,
  • Ne pas me frictionner le corps ni l’enduire de cosmétiques,
  • Ne pas porter d’or ni de chaussures en cuir,
  • Ne pas avoir de relations sexuelles,
  • Demander pardon pour les offenses que j’ai pu commettre.

Je n’ai pas respecté l’ordre d’aller à la synagogue. Ni celui de ne pas travailler puisque j’ai écrit ce présent article. Et, pour aller encore plus loin dans l’acte de grand Pardon, je me suis créé un rite sur-mesure que j’ai voulu le plus complet possible.

J’ai fait 3 listes. Celle des gens à qui je demandais pardon pour le mal que j’ai pu leur faire. Celle des gens à qui je pardonnais le mal qu’ils ont pu me faire. Et celle des fautes/erreurs pour lesquelles je souhaitais me pardonner à moi-même. Munie des photos (quand je les avais) de toutes les personnes concernées, je me suis donc lancée dans un long exercice de repentance mais aussi d’absolution.

À voix haute, tandis que défilaient sous mes yeux les visages, j’ai demandé pardon ou j’ai pardonné. Parfois à une même personne, J’ai demandé pardon et pardonné. Et même si je ne parlais qu’à des images, j’ai pu exprimer des choses enfermées en moi depuis longtemps, j’ai pu les mettre en mots, et les adresser enfin à leur juste destinataire. Cette manière de procéder va peut-être faire rire les puristes. Tant pis, ce n’est pas très grave.

Je suis sortie de cet exercice un peu brassée, je l’avoue. Mais aussi étrangement « nettoyée ». Comme si j’avais fait un grand ménage interne, purifiant et apaisant. Et le fait d’achever le processus en me pardonnant à moi-même s’est révélé incroyablement bénéfique. Je venais en effet de passer en revue toutes les occasions où j’ai fauté – ou si ce n’est fauté, ce terme étant très culpabilisant, où j’ai failli. Listing qui n’est jamais très agréable. D’entendre alors ma propre voix s’élever et me dire « Je te pardonne pour tout ça » m’a fait un grand bien.

J’ai aussi compris à quel point le pardon est libérateur. Tant que je ne pardonne pas, je reste accrochée à la personne à qui j’en veux. Ma rancœur crée une chaîne à gros maillons entre nous. La seule façon de me libérer de l’emprise d’un événement lors duquel on m’a fait du tort, c’est de pardonner à celui ou celle qui, peut-être sans le faire exprès d’ailleurs, m’a nui.

J’ai l’impression d’avoir fait la paix avec beaucoup de situations que je gardais dans mon ventre, mal digérées. Je me sens plus légère, plus libre, énergétiquement débarrassée d’un tas de petits fantômes gluants qui me hantaient l’âme. J’ai donc aimé cette journée d’examen intérieur et de face-à-face avec ma conscience. J’ai aussi aimé ce que m’a apporté, en terme de dépassement de soi et de confrontation à des peurs viscérales, le fait de ne pas boire ni manger pendant tout un jour.

Et j’ai pris cet engagement, de moi à moi : l’année prochaine, je referai le Yom Kippour. Mon Yom Kippour.

Et toi, est-ce qu’il y a des choses que tu as à pardonner ou à te faire pardonner ?

Je t’embrasse.

P.S. : d’ici la fin de semaine, arrive comme annoncé dans ma dernière review la vidéo making-of du Cat Tarot 🙂 !

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2 réflexions sur “LE JOUR DU GRAND PARDON

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